Yves Courrieu

yves-courrieu

Cela fait vingt ans que je travaille chez Onet, dont dix ans en tant que directeur d’agence.
Je suis également président d’un groupement d’employeurs en insertion, le Geiq Propreté 13. Onet a une politique spécifique sur les questions d’insertion puisque nous recrutons de la main d’oeuvre de premier niveau de qualification ; tant au niveau du public que des zones géographiques, nous sommes au coeur de la problématique du PLIE. C’est pour cela qu’ils nous ont sollicités à partir de 2003, d’abord occasionnellement pour du placement, puis petit à petit sur d’autres volets, à travers des engagements plus personnels.

La responsabilité sociale c’est de se centrer sur l’humain

A partir de 2007, le PLIE s’est structuré en filière de métiers et l’orientation a changé :
les publics étaient ciblés en amont, on nous proposait d’autres types d’actions comme les simulations d’entretiens, les rendez-vous de la réussite, les évaluations en milieu de travail et enfin les parrainages. A partir de là, ça a pris une autre dimension que j’ai trouvé très intéressante: il s’agissait de donner les moyens de trouver un emploi et non pas d’apporter un emploi à quelqu’un. Moi c’est ça qui m’intéresse aujourd’hui : donner une boite à outils pour que les personnes soient plus autonomes et mieux armées. Depuis, la politique d’insertion du groupe s’est encore accentuée : cet automne, on sera partenaire et mécène d’une action réalisée avec le PLIE. Notre groupe a toujours placé l’individu au coeur de ses préoccupations : ça ne peut pas marcher si on se désintéresse de l’individu. Et c’est particulièrement vrai dans un secteur d’activité comme le nôtre. Nous développons sans cesse de nouvelles actions. Le mois dernier par exemple, un photographe a mis en lumière les gens de l’ombre ; il a fait des portraits des agents de service tôt le matin sur leur poste de travail. On les a exposés à la cité des métiers il y a quinze jours. Sincèrement, c’était super ! Tout le monde était très fier.

Depuis qu’on parle développement durable et engagement sociétal dans les entreprises, il y a cette prise de conscience que l’on peut apporter quelque chose à la société, sans négliger le business mais sans faire passer le profit avant l’humain. Évidemment, ça fait partie des choses qui comptent pour l’image de l’entreprise, en interne comme en externe. Je suis sûr qu’aujourd’hui, certains clients sont sensibles à ce que l’on fait parce qu’ils sont dans une démarche similaire. Mais je crois que là où cela produit une différence, ce n’est pas en termes de marketing, mais plutôt sur la qualité : travailler avec une entreprise où les salariés se sentent bien, c’est incomparable, et tellement plus important que les discours !

Avec le PLIE, c’est aussi un échange autour du métier, pas uniquement sur l’emploi

Avant de collaborer avec le PLIE, je n’imaginais pas qu’il y ait des gens aussi éloignés de l’emploi, avec autant de difficultés à trouver du travail. Et j’ai découvert des gens pleins de bonne volonté, qui veulent y arriver mais qui n’ont pas accès au marché du travail, le plus souvent faute de réseaux et de niveau de qualification. Et justement, les dispositifs comme le PLIE sont vraiment utiles pour créer cette dynamique-là. J’ai répondu favorablement au PLIE d’abord parce que le volet social du développement durable, c’est quelque chose qui me touche de façon personnelle : mes agents de service sont des salariés de l’entreprise, pas des machines. Ensuite, dans la mesure où je peux faciliter l’accès à l’emploi, je préfère que cela se fasse dans un cadre structuré autour de l’individu, avec des collaborateurs qui connaissent bien l’insertion professionnelle, plutôt que de le faire de façon dispersée et sans guide.

Mais il y a aussi d’autres intérêts à tout cela. Car les actions du PLIE nous ont permis d’échanger avec les candidats sur notre métier, de faire passer l’idée que la propreté est un vrai métier même si techniquement ce n’est pas compliqué, et que ça semble à la portée de tout le monde. En effet, ce travail nécessite beaucoup de savoir-être et de volonté, il faut se lever très tôt le matin, pour effectuer une activité difficile, avec un salaire modeste, dans un secteur pas très valorisé. Et d’un autre côté, c’est une activité essentielle, qui a beaucoup de valeur pour l’image d’une entreprise. Donc, on ne peut pas se permettre de travailler sans confiance et fiabilité. Pour nous, il est important de ne pas mettre les personnes en difficulté.

C’est donc notre devoir de cibler en amont des personnes qui ont vraiment la motivation et l’intérêt pour travailler avec nous. Et depuis que nous agissons de cette manière là, avec le PLIE notamment, notre recrutement est de plus en plus fin, les profils de plus en plus adaptés, et tout le monde gagne du temps.

Pour finir, je pense que notre plus grande réussite dans la collaboration avec le PLIE, c’est l’implication de notre encadrement intermédiaire. Car ils n’ont pas raisonné en termes d’image ou de communication d’entreprise. Ils sont vraiment au contact des salariés et ils ont compris que le fait de donner du temps aux personnes en insertion, qui sont d’une certaine manière les soeurs, les frères ou les amis de personnes qui travaillent déjà pour nous, c’était bon pour tout le monde. Et puis un agent de maîtrise sollicité par le PLIE, ou qui participe à Eurodmétier pour présenter son travail devant un auditoire, ça valorise son métier et son implication. Aujourd’hui, sur le territoire et dans cette branche, tout le monde a envie de travailler chez nous, donc la différence se fait vraiment sentir.